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Le CDJM est en place

Un mois après sa création, à Paris, le 2 décembre 2019, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) a tenu sa première réunion de travail le 14 janvier 2020. Le conseil d’administration a procédé à l’élection du Bureau. Chacun peut facilement découvrir ses membres en consultant le site du cdjm : https://cdjm.org/ 
Cette association se veut totalement indépendante, avec trois collèges : public, journalistes et éditeurs; d'égale importance.
Ni un conseil de l’ordre, ni « tribunal de la pensée », cette instance se prononce uniquement sur les questions de respect de la déontologie journalistique. En aucun cas, les questions relevant de la,liberté éditoriale de chaque média ne seront abordés. Le CDJM est saisi par le public et peut aussi s'autosaisir. 
Une centaine de conseils de déontologie journalistique ou conseils de presse existent de par le monde. La France est le 18ème pays de l’Union Européenne, après notamment l'Allemagne, la Belgique, la Suisse, le Danemark, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, à se doter d’un tel outil de médiation entre les journalistes, les éditeurs et leurs publics au service de la qualité de l’information.
Pour fonder ses décisions, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) s’appuie sur trois textes de référence. La Charte d’éthique professionnelle des journalistes de 1918, remaniée en 1938 et 2011 ; La Déclaration des droits et devoirs des journalistes, dite « Déclaration de Munich » de 1971 ; La Charte d’éthique mondiale des journalistes de la Fédération internationale des journalistes, adoptée en 2019 à Tunis qui proclame dans son préambule que "Le journalisme est une profession, dont l’exercice demande du temps et des moyens et suppose une sécurité morale et matérielle, indispensables à son indépendance".

Le Club de la Presse Occitanie est représenté au sein du conseil d'administration de cette instance nouvelle par Pascal Parrot (collège journalistes). C'est le seul représentant des clubs de la presse en France et aussi le seul représentant des reporter-photographes, auteur.

Le Président de la République a déclaré lors de ses voeux à la presse le 15 janvier “Si chacun dans la rue peut faire du journalisme avec son téléphone portable sans qu’on puisse savoir qui, comment et à quel moment ... alors il n’y aura plus de journalistes”. Il a ajouté: “la société du commentaire permanent n’est pas la société de l’information”.

Qu’est-ce qui rend le CDJM indispensable à l'écosystème déontologique ? s'interroge Jacques Lallain du collège journalistes : "Le CDJM est Indépendant, original par son ouverture au public et aux éditeurs, utile (les exemples étrangers le prouvent) dans la restauration du lien de confiance entre la presse et l’opinion Pourtant ces arguments, aussi forts soient-ils, ne sont peut-être pas encore suffisants ou suffisamment étayés pour convaincre de la nécessité absolue de l’existence d’un CDJM fort" .

Alors à quoi va servir le CDJM ? En quoi est il original, indispensable, complémentaires des actions menées par le CSA, les comités d’éthique, les SDJ, les médiateurs, voire certains éditeurs qui, par exemple, créent des cellules anti-fake news ?

Le CDJM sera ce que nous toutes et tous ; journalistes, publics, patrons de presse, voudrons bien en faire. La page à écrire est encore blanche. Le chantier est immense et passionnant dans un pays où seulement 24% seulement de la population affirme sa confiance en sa presse. Il y a donc un long chemin à parcourir pour que cette confiance atteigne les 78% de nos amis Québécois où un conseil de presse existe depuis cinquante ans.

Le public peut d’ores et déjà saisir le Conseil, sur toutes les questions de déontologie journalistique qu’il souhaite voir examiner par l'intermédiaire du site.

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