Après les aventures du Journal de Montpellier et de SUD, de jeunes journalistes de la région, Pierre Serre, Henri-Marc Rossignol, Denis Pons et le photographe Jean-Pierre Ortuno, s’associent et créent, La Gazette de Montpellier en octobre 1987. L’hebdomadaire, géré par une SA, s’installe sur la zone de diffusion du grand Montpellier, sur le modèle des « city magazines ». Avec le recul, on s’aperçoit que le journal a participé à la multiplication des supports d’informations et des angles de vue rédactionnels. À l’époque, Midi Libre représente le paysage régional du journalisme papier, France 3 la télé et Radio Monte Carlo pour les radios.
La mue de la quarantaine
Les grandes caractéristiques du journal sont : un traitement de l’actualité sur un rythme hebdomadaire, une présentation journalistique des infos pratiques, le courrier des lecteurs, et l’agenda culturel, devenu incontournable. Le développement de Montpellier, de sa métropole et de l’entité géographique, démographique et économique, allant de Nîmes à Sète, permettent la création de La Gazette de Nîmes en 1999 (dirigée par François Wiart) et de La Gazette de Sète.
À l’approche de la quarantaine, la question et le souci de la continuité des fondamentaux du journal se posent ; deux des fondateurs sont décédés et les deux autres ont largement l’âge d’une retraite dont on a l’habitude de dire qu’elle est bien méritée. Mais on peut être sûr qu’ils continueront à participer, d’une manière ou d’une autre, à la vie de la Gazette.
Vers la SCIC : c’est qui le patron ?
Ce souci de transmission a poussé l’équipe actuelle à réfléchir à une évolution juridique permettant de développer le journal malgré une baisse des recettes publicitaires, et de conforter une équipe stable qui a la confiance des fondateurs. Il s’agit aussi de bénéficier de presque quarante ans d’existence, de l’image et de la réputation créées. Il s’agit enfin de continuer à s’adapter de manière indépendante aux demandes et aux habitudes de consommation de l’information par un lectorat régulièrement renouvelé.
C’est la SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) qui a été choisie, et le système coopératif et de gouvernance qu’elle propose permet :
- Aux lecteurs et lectrices de s’engager et d’être au plus près de la vie du journal en devenant associés du magazine.
- Aux partenaires et actionnaires de longue date (comme La Dépêche du Midi) de continuer à participer à la vie de l’entreprise.
- Aux entreprises ou asssociations de devenir plus facilement parties prenantes en tant que coopérateurs.
C’est le principe « un homme, une voix » qui prévaut dans les décisions de la coopérative, et dans ses choix stratégiques de développement : assurer l’indépendance de la rédaction et préserver la ligne éditoriale du journal. Les statuts prévoient que les journalistes seront sociétaires à hauteur de 50 % des parts (maximum autorisé). La création d’une société de journalistes au sein de la rédaction est également envisagée.
Un choix à la fois politique, sociétal et financier pour assurer la continuité avec la SCIC, forme juridique peu utilisée dans le domaine de la presse. Un pari qui devrait aboutir en 2025, et qui permettra à La Gazette d’agréger régulièrement de nouveaux sociétaires. Le désormais célèbre petit canard jaune fêtera ses quarante ans en octobre 2027, l’occasion de faire un premier bilan.
Pour devenir sociétaire-coopérateur·rice de la Gazette, vous pouvez envoyer un mail à coope@gazettedemontpellier.fr.
Jean-François Fontana
© La Gazette
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