96 pages, 375 grammes, 10 000 exemplaires. Trois données chiffrées qui posent l’ambition de L’Occitan, magazine trimestriel gratuit, sorti en juin dernier en version papier et sous forme digitale sur leur feuilleter Caméléo. Son créateur et rédacteur en chef ? Un certain Laurent Blondiau, personnage qui gravite dans la sphère médiatique régionale depuis plus de trois décennies.
Homme de presse d’abord - journaliste sportif à l’Humanité entre 1991 et 2004 - , homme de communication et de pouvoir ensuite au côté de Georges Frêche à Montpellier, puis de Carole Delga à Toulouse, ce Lillois a toujours rêvé de créer un journal. Son journal.
Débarrassé depuis plusieurs mois des contraintes quotidiennes du conseil régional d’Occitanie, il a mis ce temps à profit pour imaginer, dessiner, bâtir, éditer et diffuser la première édition de L’Occitan, magazine construit en deux parties.
Séquence 1, on traite l’actualité à travers un dossier, des interviews, des articles et des brèves par département ; séquence 2, on se détend via des sujets life style, culture et art de vivre. Un bon équilibre rédactionnel soutenu par une iconographie de très belle facture, le tout implémenté dans un graphisme soigné, sans être mondain, qui allie tonicité de la mise en page et bonne gestion des blancs.
La lecture de ce rendez-vous printemps/été en est d’autant plus facile et agréable. Pour cette première livraison, la patte du journaliste/communicant, associée à l’Agencehv (Hubert Vialatte) et à Métropolitain (Matthieu et Bertrand Fassio), fait mouche. Quant au tirage réalisé sur les machines d’Impact Imprimerie à Saint-Martin-de-Londres, dans l’Hérault, il apporte une touche très personnalisée au produit imaginé par celui qui fut aussi, au virage des années 2010, président du Club de la presse de Montpellier.
« Un dossier exclusif et cinq sujets majeurs »
Sur le fond, le rédacteur en chef Laurent Blondiau annonce la couleur dans l’édito inauguratif. Il fait « le pari de l’optimisme en parlant projets et progrès, en mettant en avant l’humain, les valeurs (…) et l’intérêt général ». Sa cible : les quelque 10 000 décideurs publics ou privés qui œuvrent au développement de la région et, au-delà, les 6 millions d’habitants qui la peuplent. Chacun de ces « patrons » a reçu le mag’ dans sa boîte aux lettres, histoire de créer un lien direct et de confiance entre leur producteur de contenus et le consommateur d’infos vérifiées.

Pour ce premier numéro, L’Occitan monte au front de l’actualité internationale pour mieux zoomer sur ces entreprises d’Occitanie engagées dans l’économie de guerre. Annoncée à la Une, l’enquête de dix pages plonge dans l’univers confidentiel des marchés ultra-sensibles liés à la défense, au spatial, à la cybersécurité. Drones, radars, obus, uniformes fabriqués ou mis au point ici se retrouvent en première ligne, conflit entre la Russie et l’Ukraine oblige. À lire aussi : plusieurs grands entretiens d’une belle densité avec le déterminé et respecté Didier Lacroix, boss du Stade Toulousain ; avec l’insubmersible et contesté Daniel Cohn Bendith ; avec la Catalane et puissante Isabelle Patrier, directrice France de Total Energies ou encore avec le célèbre restaurateur multi-étoilé Pierre Gagnaire. « En termes de colonne vertébrale rédactionnelle, notre volonté est de présenter un dossier exclusif, jamais vu ailleurs et cinq sujets majeurs, dans chaque numéro. Nous devons révéler des thèmes inconnus et surprendre par des angles pertinents », détaille Laurent Blondiau qui mise sur une temporalité différente pour séduire le lectorat des décideurs.
Rencontre rock avec Combas et Joconde star dans le Quercy
Empruntant les codes des « mook » (contraction de magazine et de book), L’Occitan n’oublie pas de détendre son lecteur. On se balade entre les bonnes adresses hôtelières et un circuit spa made in Occitanie, on sillonne les vignobles d’ici et déguste les crus, on piste la mode estivale.
Côté culture, une rencontre « rock » avec l’artiste sétois Robert Combas tracte le panorama des expositions immanquables et un joli sujet sur l’extravagant périple de la célèbre Joconde qui, pourchassée par les nazis, finit par trouver refuge en 1943 dans un château du Quercy.
L’Occitan, on y vient et y revient. Le support invite à une lecture d’intérêt et de patience, de réflexion et de perspective. Le calendrier des prochaines parutions est prévu. Mi-octobre pour le numéro 2, mi-janvier 2026 pour la troisième parution. Confidence du patron de la rédaction pour la collection automne, L’Occitan prend le temps de creuser ses sujets. Au sens propre, comme au figuré.
PhP
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