Nouvelle directrice adjointe de l’agence Inconito à Toulouse, Julie Esternelas défend une communication engagée, accessible et tournée vers les publics. Une vision lucide et optimiste face aux mutations numériques et sociétales du métier.

« La communication doit faire sens, sinon elle ne sert à rien. » À 42 ans, Julie Esternelas assume une vision exigeante et engagée de son métier. Arrivée il y a six mois à la direction adjointe de l’agence toulousaine Inconito, en charge du conseil et du développement, elle inscrit cette fonction dans un parcours profondément marqué par le social, l’éditorial et l’intérêt général.

Issue d’un environnement familial investi dans le champ social, elle s’oriente naturellement vers le milieu associatif après ses études de communication. « J’y ai fait mes premières armes et surtout confronté mes convictions personnelles à la réalité du terrain », explique-t-elle. Communication publique, développement territorial, culture de l’échange : autant de sujets qui forgent son approche. En parallèle, elle collabore pendant quatorze ans à la rédaction de Midi Olympique. « Cette expérience m’a appris à comprendre les publics, leurs attentes et leurs émotions. »

Après plusieurs expériences en agences, la rencontre avec Denis Bonzom, fondateur d’Inconito, agit comme un déclic. « J’ai retrouvé dans cette agence des valeurs fortes, des engagements éthiques et une vraie force créative. Depuis plus de vingt ans, Inconito a fait le choix stratégique du digital, non comme une fin en soi, mais comme un levier. »

« Redonner une place centrale aux publics »

« Notre leitmotiv, c’est de redonner une place centrale aux publics, de mieux les écouter. » Pour Julie Esternelas, le digital permet avant tout de rendre les messages plus accessibles et de favoriser l’expression des points de vue. L’agence intervient aussi bien dans le secteur public que privé, avec une même exigence : penser des dispositifs utiles, inclusifs et porteurs de lien social.

Si la créativité reste un socle indispensable, elle ne suffit plus. « Le vrai enjeu aujourd’hui, c’est l’écoute. En communication interne, il faut accompagner le changement, redonner du sens aux missions. Plus largement, une bonne communication permet de lever les doutes, d’éteindre des feux et de créer du lien. » Dans un contexte de restrictions budgétaires, l’efficacité devient centrale. « Les moyens baissent, il faut donc être plus justes, plus sobres, sans renoncer à l’ambition. » Accessibilité, inclusivité et éco-responsabilité s’imposent désormais comme des critères incontournables.

Digital et IA : des outils, pas des finalités

Le digital et l’intelligence artificielle bouleversent les organisations. « On ne peut plus penser une communication sans une véritable plateforme digitale. Mais au-delà de la technique, il faut remettre l’usager au cœur et casser les silos pour gagner en efficacité. » Quant à l’IA, Julie Esternelas est très enthousiaste, tout en appelant à un usage raisonné. « L’IA ouvre des horizons incroyables. Elle fait aujourd’hui partie de l’équation et nous aidera à relever de nouveaux défis. Mais l’intelligence humaine ne peut pas être remplacée. Chez Inconito, nous l’utilisons en toute transparence vis-à-vis de nos clients. »

Convaincue de la responsabilité sociétale de la communication, elle insiste sur la question de la confiance, notamment dans la sphère publique. « Il faut se demander si ce que l’on produit permet réellement d’écouter, de donner du sens et de renforcer le lien social. »

Tournée vers l’avenir, Julie Esternelas imagine des agences capables d’assumer des partis pris clairs. « Quand les budgets s’amenuisent, on ne peut pas courir tous les lièvres à la fois. Il faut choisir ses combats. » Et de conclure, optimiste : « Je crois profondément au pouvoir de l’information et de la communication pour éveiller les consciences et apaiser les climats anxiogènes. »

Philippe Lancelle

Consultant en communication publique

©Julie Esternelas

À lire aussi