Chaque année, la CCIPJ traite près de 35 000 demandes de carte de presse. L’anniversaire du statut du journaliste fera, en mai prochain, l’objet d’une exposition.

Fin 2025, l’assemblée générale de la CCIJP (Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels) a élu son bureau pour l’année 2026. Catherine Lozac’h, présidente, représentante journaliste, a profité de cette occasion pour rappeler que 2026 serait l’année des 90 ans de la création du statut de journaliste professionnel.

En effet, le 17 janvier 1936, quelques mois après le vote unanime des parlementaires pour créer le statut du journaliste professionnel, la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels naissait officiellement (lire l’encadré). « C’est un gage de résistance - au sens de solidité et d’endurance - mais aussi une preuve de la capacité d’adaptation de la profession après 90 ans d’évolutions du métier et de la société. Cet anniversaire, nous allons le marquer par la création d’une exposition inédite qui sera présentée pour la première fois aux Assises du journalisme de Tours et retracera cet accompagnement de la profession, indique la présidente Lozac’h. Cet anniversaire doit nous conforter dans la nécessité de maintenir une distinction claire, d’abord pour le public, entre le travail journalistique et les contenus d’autres natures. Il nous oblige aussi à relever l’un des défis majeurs du moment : l’irruption de l’intelligence artificielle générative. Chacun ici comprendra pourquoi l’IA ne remplira jamais les critères d’obtention de la carte… ».

En 2025, la CCIJP a délivré 34 784 cartes, selon des données arrêtées au 31 décembre 2025 (lire ci-contre « L’itinéraire de la délivrance de la carte de presse »). Un chiffre en baisse de 0,5 % par rapport à l’année passée.

Cette érosion provient essentiellement des premières demandes (1 858 cartes délivrées cette année contre 2 040 en 2024, soit -8,9 %) et des cartes honoraires (397 contre 429 l’année passée, soit -7,5 %).

PhP

 

1935, l’année du statut

1936, l’année de la Commission

Fini le bourrage de crâne, terminés les bobards ! Les débuts du XXème siècle cristallisent l’envie de professionnaliser le journalisme. 1918 voit la création du Syndicat national des journalistes et de la première charte d’éthique professionnelle. 1935, sous l’impulsion du député et journaliste Emile Brachard, le statut du journaliste professionnel est voté. Le texte instaure la clause de conscience, un salaire minimum, des indemnités de licenciement et droits à congés… Elle donne un cadre, toujours largement en vigueur, pour déterminer qui peut bénéficier de ce statut : « Le journaliste professionnel est celui qui a pour occupation principale, régulière et rétribuée, l’exercice de sa profession dans une publication quotidienne ou périodique éditée en France ou dans une agence française d’informations et qui en tire le principal des ressources nécessaires à son existence ».

Si la loi crée la carte de presse, la mise en place de l’instance professionnelle, paritaire et indépendante censée la délivrer intervient un an plus tard. Pour leur toute première réunion, les membres de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIPJ) sont accueillis au ministère du Travail, le 22 mai 1936. Il y a tout juste 90 ans.

 

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