France Bleu a débarqué à Toulouse en 2011, avant de devenir France Bleu Occitanie en 2017 puis ici Occitanie depuis début janvier 2025. Pourquoi ce virage ?
C'est un changement historique acté en 2022, et personnellement, je n'avais encore jamais vécu de changement de marque dans ma carrière ! Avec ici, on affirme la puissance du service public. On se veut le média de référence dans la proximité. Notre promesse : de l'actu locale, de la musique – française, mais pas que – et de la bonne humeur, dans un esprit « feel good ».
Notre objectif est de conquérir les cinquantenaires, de moderniser et « défolkloriser » ce qu'a pu être France Bleu, qui véhiculait une certaine image vieillotte qui nous collait à la peau. Avec ici, on entre dans ce deuxième quart de siècle. D'autant que dans un contexte où l'on écoute de moins en moins la radio, on écoute de plus en plus le service public. Radio France réalise des scores historiques, France Culture a plus que doublé son audience ! Et France Bleu remonte depuis un an : notre assurance-vie est là.
Depuis 2019, France Bleu Occitanie propose une matinale filmée et diffusée sur France 3. Quel est le bilan de ce dispositif ?
Toulouse et Nice ont été les deux territoires pionniers de la matinale filmée en 2019. Depuis la rentrée 2024-2025, nous sommes passés sur la tranche horaire 6h30-9h, et 37 locales sur 44 en France proposent actuellement une matinale filmée. Nous avons abandonné la marque France Bleu alors que France 3 a gardé sa marque au national, et utilise ici pour ses éditions régionales.
Grâce à ce dispositif, nous sommes un média global 360°. Nous avons atteint un rythme de croisière mais il y a encore trop de doublons sur le site et l'appli’ en commun. La coordination numérique est un chantier à court terme, mais il n'est pas question de fusionner les rédactions !
ici Occitanie, c'est combien de salariés pour aborder cette nouvelle page ?
Nous sommes une quarantaine de salariés, dont onze journalistes, sans compter les pigistes.
La concurrence est forte en région, avec notamment Toulouse FM et 100% radio. Quelle est votre stratégie pour vous démarquer ?
Le territoire est effectivement très concurrentiel. Nous avons une moyenne de 28 000 auditeurs par jour sur notre zone ex-Midi Pyrénées et 1,2% de part d'audience en Haute-Garonne. Ce n'est pas assez et ma mission est de la développer. Nous nous appuyons également sur les téléspectateurs de France 3 – au nombre de 30 000 pour la matinale selon nos derniers chiffres – et le développement du numérique, avec un site web qui enregistre un million de visites par mois. Le challenge à Toulouse est de réussir à conquérir un auditoire plus jeune, sans perdre les auditeurs historiques. Mon fer de lance ? Nos journalistes. Je les veux tous les jours sur le terrain ! Je crois au lien social, et à l'équilibre entre le terrain et le desk.
Quelles sont les nouveautés de la grille des programmes ?
Notre chronique « À la Une » est diffusée à un rythme hebdomadaire, tous les dimanches dans la matinale. En semaine, elle a été remplacée par « La récré des pitchouns », dans laquelle les enfants ont la parole. La jeunesse est fondamentale, c'est un levier pour nous.
Propos recueillis par Anthony Assémat
Journaliste
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